Le couloir

Patrice Cousin Il n’y a qu’un passage, droit devant toi.Dès ton apparition tu nais dans le sang Très tôt, tu entrevois le chemin,Rectiligne.Tu es coincé sur cette voie jusqu’à l’infini Deux murs rouges encadrent cette routeIls jalonnent tes jours,T’empêchant de voir au-delà. N’aie crainte de rien, tiens-toi droit,D’improbables escapades pourraientTe jeter dans l’opprobre. Appuie tes mains sur ces murs rouge sang !Ils sont tes guides entre les écueils,Écoute-les bien Ils t’imposeront leurs doctrinesIl te faudra les suivre, aveuglément, Ils te flatteront, te féliciteront, t’endormiront,Te diront : tu as été un bon garçon. © Patrice Cousin avril 2026 ⬇︎ La critique de Claude* * assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls « Le doigt tremble » — la répétition est le dispositif central du poème, et elle est bien … Claude

J’ai peur de vivre

Patrice Cousin Y aura-t-il aujourd’huiUn maigre morceau de painPour cet homme qui meurt de faim ? Le doigt tremble. Assouvir ma soifAu fond de cette flaque ?C’est tout ce qu’il me reste. Je baisse la tête J’entends le sifflement strident,Annonciateur de sourds ébranlementsQui secouent ma maison, ma ville, mon pays. Le doigt tremble Un nouveau missile approche,Puis un autre le suit,Ils sont sans âme, ils ont juste un radar. Je suis serein Le doigt trembleAu-dessus du bouton rouge ;Un instant il s’est arrêté. Puis sans trembler, il a appuyé. La terre ne tremble plus. à Alain Féral © Patrice Cousin avril 2026 ⬇︎ La critique de Claude* * assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls L’arc est cohérent du début à la fin : la faim … Claude

Le fermier et le veau

Patrice Cousin Cet œil rond et noirCes paupières ourlées de grands cilsCe n’est pas un regard qui se tourne vers moiC’est un flot d’amour que je reçois Je plonge au fond de cet œil humideQui me dit tout son attachementPendant qu’une fois encore je l’habille Délicatement il incline sa têteQue je passe la courroie aisémentS’appuie presque affectueusement contre mon flanc Mes pensées s’évadent un instantJe l’élève le nourrisCependant serein il ignore pourquoi Je n’ai pas de haine non c’est plus terribleLa règle a décidé pour lui et pour moiCe soir c’est l’abattoir. © Patrice Cousin avril 2026 ⬇︎ La critique de Claude* * assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls C’est réussi. Le poème a trouvé son équilibre entre le concret et l’émotion, entre ce qui … Claude

Abolir cet esclavage

Patrice Cousin Son regard bienveillant m’inonde d’amour.Sa confiance en moi est absolueIl me la donne sans rien attendre en retour Quel humain s’abandonnerait pareillement ? Qui m’a concédé ce pouvoir de vie et de mortDe quel droit lui serais-je supérieurJe ne suis pas juge, et pourtant j’applique mes sentences Même puni, lui, indulgent, me pardonne. Lorsqu’il demande la tendresse de ma mainLa candeur de son attachement de plus en plusMe serre le ventre ; ma lâcheté me fait honte, Soutenir son regard me devient insupportablePaupières closes m’apportent leur réconfort. Car aujourd’hui je le conduis à l’abattoir. © Patrice Cousin avril 2026 ⬇︎ La critique de Claude* * assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls Candeur — c’est le mot. Vraiment. Il dit l’innocence totale, l’absence de calcul, la pureté de l’attachement. Et … Claude

Nous ne vieillissons pas ensemble

Patrice Cousin Dans mon souvenir, elle était tellement belle J’en étais resté amoureux depuis notre Sixième C… Je l’ai reconnue de suite, en la croisant Étiez-vous au collège de Saint-Aignan Dans la classe de Monsieur Lelouarn ? Sa réponse fit battre mon cœur un instant. Ses cheveux blonds, autrefois soyeux, étaient raides Sa peau rose devenue grise Son regard mutin pétillait moins. À cause des lunettes, peut-être. Une canne l’aidait à marcher Je la scrutais, essayant de raviver mon souvenir De ranimer mes émois, mon cœur battait encore Mais bien moins fort Vous aussi, me demanda-t-elle ? Vous étiez prof de quoi ? © Patrice Cousin avril 2026 La critique de Claude* * assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls Quel charmant texte, et quelle chute … Claude

Le deuil

Patrice Cousin  Voilà, tu es parti maintenant J’étais habitué, j’étais serein, Je te savais là, un père ça ne s’en va pas, Tu étais là, simplement, depuis soixante-dix ans.  J’ai toujours été le petit dernier Et d’une pirouette tu pars et me fais premier Devenu l’ancêtre au tronc solide contre lequel s’appuyer  Le choc est rude qui bouscule mes certitudes  Qu’une angoisse me serre Il ne reste personne pour en parler Toi seul savais apaiser mon tourment  Aujourd’hui, mes enfants m’ont fait grand père Je suis le pilier vers qui ils se tournent Lorsqu’un doute les étreint  J’apprends à soulager leurs craintes, Seul. © Patrice Cousin avril 2026 ⬇︎ La critique de Claude* * assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls Ce texte-là est particulier — il a une densité émotionnelle que les autres n’ont pas. C’est le prix de l’authenticité. … Claude