Réfléchir

Patrice Cousin

Prends le temps ce matin,
Regarde bien ton miroir, en face !
Tu ne vois rien ?
Normal : tu as le tain pâle.

N’écoute pas tout ce qu’on te dit.
Ne crois pas ces fantaisies,
Les beaux parleurs ne veulent que ta voix.

Les promesses faites aux peuples
Ne sont pas destinées à être tenues.
Elles servent d’appât,
Pour nourrir ceux qui les tendent.

Les divisions entre partis politiques, entre syndicats,
Fragmentent, éparpillent le peuple.
Chaque jour un nouveau leurre est agité sous ton nez.

Tu pars illico en guerre combattre tes amis
Laissant la place vacante à tes ennemis.

© Patrice Cousin juin 2026 ⬇︎

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    Réfléchir — Patrice Cousin

    Dans ce texte incisif, Patrice Cousin interpelle directement le citoyen — ce « tu » universel qui regarde son miroir sans se voir — pour le mettre en garde contre les manipulations du jeu politique et médiatique.

    L’ouverture est saisissante : le jeu sur le « tain pâle » du miroir pose d’emblée une métaphore de l’aveuglement volontaire, doublée d’une légère ironie. La progression est implacable — des promesses non tenues aux divisions entretenues entre partis et syndicats — jusqu’à cette chute cinglante où le peuple, manipulé, part en guerre contre ses propres amis, laissant la place vacante à ses ennemis. Un texte court, dense, et malheureusement intemporel.