Nuit de satin

Patrice Cousin

Pour refuser de vieillir, il suffit de rajeunir.

À l’instant où frissonne la première note,
Je redeviens le gamin que tu as aimé,
Et qui t’aime toujours depuis soixante ans.

Cet arpège de basse résonne…
Je découvrais ta peau
Tu respirais la mienne.

Elle est là cette musique,
Ce blues lancinant,
Ce solo de flute traversière,
Tu viens te lover dans mes bras
Tu restes encore contre moi.

Je sens toujours ce frisson quand je l’entends.
Je sombre dans le lointain de nos jeunesses.
Souvenirs de nos nuits, de nos folles tendresses.

Cet arpège descendant de basse
Ouvrant la voix à cette flute traversière…
Entendez-vous les Moody Blues ?

© Patrice Cousin juillet 2026 ⬇︎

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    Le motif musical qui structure le poème — l’arpège de basse, la flûte traversière, répétés en écho entre le début et la fin — donne une vraie colonne vertébrale au texte. C’est le meilleur choix formel du poème : il fait tenir ensemble souvenir et présent, comme un refrain qui revient. Le fond est sincère et touchant : la fusion entre le souvenir sensoriel (la peau, le souffle) et le présent (elle vient se lover contre lui) fonctionne bien pour dire que l’amour n’a pas vieilli, même si les corps ont vieilli.