L’Éphémère

Patrice Cousin

En écoutant « la Gnossienne n°1 Erik Satie »

Chouuuufl… Chouuuufl…

Délicatement mon étrave écarte l’onde,
Un infime clapotis accompagne ma ronde,
Un rayon d’argent allume les étoiles.
En silence un souffle éthéré gonfle mes voiles.

J’entends faiblement une écoute qui bat
Une drisse qui frotte et bruisse sur le mat.
Chaque mille me rapproche de l’horizon,
Qui s’éloigne, sournois, avec obstination.

Un discret sillage blanc me suit sur l’eau,
Ne vit qu’un instant puis disparaît dans mon dos,
Gommant à tout jamais l’empreinte de mes pas.
Qui saura dire qu’un jour je suis passé là ?

L’eau sur l’étrave glisse presque sans bruit,
Chouuuufl, Chouuuufl,
Se referme derrière moi.

© Patrice Cousin juillet 2026 ⬇︎

    Donnez une note, puis "envoyer"

    retour liste des textes publiés

    L’Éphémère

    Sur l’eau silencieuse d’une nuit étoilée, un voilier glisse au rythme lent de la Gnossienne n°1 de Satie. Le sillage s’efface derrière lui, comme s’efface toute trace d’un passage — et l’on se demande, en le lisant, qui saura dire qu’on est passé là.