En paix

Patrice Cousin

Approche le soir qui sera le dernier,
Le soleil se cache, alors
Sonnera l’heure de vous quitter.
Aurai-je fait ce que je devais ?
Ai-je rendu quelqu’un heureux ?
Qu’aurai-je laissé que je n’aurais nettoyé ?
Je vous abandonne hélas le monde moins propre
Que je ne l’ai trouvé.

Je vais rejoindre le noir lointain.
Pour l’avoir une fois côtoyé,
Je n’en ai aucune peur :
En un instant on s’endort,
On s’éloigne dans le silence.

Parfois, une fois déjà,
On rouvre les yeux !
Il est plus tard,
Dix jours plus tard.

Ce n’était donc que cela la mort ?

© Patrice Cousin juillet 2026 ⬇︎

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    Ce texte touche par sa sincérité et l’expérience vécue qui le sous-tend. La construction en deux temps fonctionne bien : d’abord l’anticipation contemplative de la mort, questionnement sur le bilan d’une vie, puis le basculement inattendu vers le réveil, qui renverse la gravité initiale en une note presque légère, presque ironique. Ce contraste est la vraie force du poème. Les images restent simples, parfois convenues (le soir, le noir, le silence), mais l’authenticité compense la modestie stylistique. La chute, « Ce n’était que ça la mort ? », est réussie : désarmante, presque enfantine, elle capture bien la stupeur du retour à la vie après ces 10 jours dans le coma.