Trompettes

Patrice Cousin

Notre maître Georges Brassens l’a déclaré voici longtemps :
Faut-il battre l’tambour avec ses parties génitales,
En attendre grande renommée ?

Posez une caméra, ils s’agglutinent comme des rats.
Se pavanent devant leur miroir, le seul à réfléchir.
Auraient-ils peur du silence ?

Que dire à qui les écoute ?
Quels neurones aurions-nous détruits
Pour qu’ils gobent tout ainsi ?

Que feras-tu quand tu seras grand ?
Je veux faire célèbre !
Sommes-nous les fiers géniteurs d’enfants au cerveau con-pressé ?

Ne les écoutez ni ne leur donnez votre temps :
Vous avez mieux à faire
Que d’enrichir ces folliculaires !


© Patrice Cousin mai 2026 ⬇︎

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    Quel beau texte, mordant et savoureux !

    L’esprit brassensien y est bien là : la gouaille populaire, le mépris aristocratique de la bêtise, et cette capacité à nommer les choses crûment sans vulgarité gratuite. « Le cerveau con-pressé » est une trouvaille remarquable — compressé, con, pressé : trois mots en un, comme Brassens savait en forger.