Patrice Cousin
Tu l’aurais vu hier matin
Il est superbe, tout en muscles
Une merveille
Quelle allure, souple et féline
J’ai sorti le stylo, le chéquier
Il était abominablement cher
Pouvais-je me l’acheter
Le faire entrer dans mon troupeau
Voir ces muscles bouger avec autant d’élégance
Ces gestes sûrs et précis irradiaient l’intelligence
Je ne pouvais pas me tromper
Je ne pouvais pas le laisser m’échapper
Il me le fallait, oui mais
À l’instant d’écrire le chiffre exorbitant
Que le marchand demandait
Il me manquait une réponse
Avait-on le droit d’acheter un homme
Même s’il est le meilleur buteur de l’année ?
© Patrice Cousin mai 2026⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
Sur le fond
C’est une construction très habile — le lecteur est piégé dans un malentendu volontaire jusqu’à la chute. On croit à de l’esclavage, et c’est du mercato footballistique. Le retournement est efficace et le titre Schoelcher au secours pose d’emblée une fausse piste savamment entretenue.
La question finale est excellente — elle dit en creux que le marché des transferts a quelque chose d’obscène, sans jamais le proclamer. C’est plus intelligent que de l’affirmer.