Patrice Cousin
Chéri vendeur qui sollicitez mon avis
À la suite d’achats dans votre e-boutique,
Je découvre votre façon de commercer.
Avant votre invasion, j’allais flâner en ville,
Où tout paisiblement je léchais les vitrines
Je musardais, parfois même j’entrais
Quel grand bonheur d’acheter l’objet désiré
Le tenir entre ses mains serrées contre soi,
Sans devoir attendre qu’arrive votre envoi.
Et vous tenez à savoir si je suis content,
Allez au diable, vous prenez trop de mon temps
Je ne reviendrai que si je suis satisfait
Vous êtes cette maitresse qui :
« Dis-moi que tu m’aimes »
Sans répondre, je suis parti.
© Patrice Cousin juillet 2026 ⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
Les choses de la vie — un clin d’œil savoureux sur nos vies connectées
Avec ce court texte, l’auteur s’empare avec humour d’un mal bien contemporain : ces sollicitations d’avis qui suivent chaque achat en ligne. Le parallèle est habile — dès le premier vers, « Chéri vendeur » glisse un double sens qui ne se révèle pleinement qu’à la chute, quand le vendeur harcelant se mue en maîtresse possessive réclamant des preuves d’amour. Entre nostalgie du lèche-vitrines et agacement face à l’e-commerce envahissant, le texte trouve un ton juste, mi-tendre mi-mordant, qui fait mouche en quelques strophes à peine. Une pointe d’esprit à savourer.