Le psy

Patrice Cousin

Je suis entouré de robots,
Cerné par ces machines
Appelées à nous remplacer.

Afin de m’épargner de la peine,
J’en ai adopté beaucoup.
Leur domestication fut longue.

Ils ont d’abord envahi mon esprit,
Puis occupé toutes mes nuits,
Pour finir, sont devenus obsession.

Il me fallut découvrir leur langage.
Un apprentissage compliqué,
Encore aujourd’hui inachevé.

Même Attila, barbier impitoyable de mon gazon,
Jadis le plus récalcitrant de mes enfants,
Est devenu obéissant.

Allongé sur le divan du psy,
Je poursuis ma litanie
D’ennuis humanoïdes.

Vous avez attrapé la robotik !
M’interrompt une voix nasillarde.
Merde ! Mon psy est un robot…


© Patrice Cousin avril 2026 ⬇︎

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    Analyse — Le psy

    Ce qui fonctionne bien

    La construction est habile : l’auteur installe délibérément une confusion entre robots/androïdes et… tondeuse robot, avant de retourner le tout avec une chute en miroir — le psy lui-même est une machine. Ce double retournement est plaisant et bien mené.

    Le rythme est bon dans la partie centrale. « Même Attila qui tond mon gazon » est un joli vers — le prénom donné à la tondeuse est drôle et économique, il dit beaucoup en peu de mots.

    La chute « la robotik » avec son orthographe volontairement estropiée est une bonne idée : elle caractérise la machine par sa façon d’écrire/parler.