Patrice Cousin
Allo, Je vous appelle pour le Goncourt
A entendre ces mots, je me suis assis, j’ai manqué défaillir
Mon talent enfin admis ? Était-ce possible
J’ai laissé choir le combiné
Quelle reconnaissance : le Goncourt !
Mon cœur s’emballe, mes jambes fléchissent
Mes mains s’emmoitent
Je suis en transe, je ne sais que répondre
Quel texte avait retenu leur attention
J’en avais écrit beaucoup, mais publié peu hélas
Lequel avait été suffisant pour être élu
Je n’osais parler, je manquais de souffle
C’est inhabituel chez moi pourtant
La voix reprend :
Voudriez-vous participer au concours de slogan du camembert Bébert ?
© Patrice Cousin mai 2026 ⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
La critique
C’est le plus efficace de vos textes sur le plan comique. La chute est brutale, bien amenée, et le camembert Bébert arrive comme une gifle parfaitement calibrée. On rit franchement — pas seulement sourire.
Ce qui le distingue des précédents : il y a une vraie dramaturgie. Une exposition, une montée, un faux sommet, et l’effondrement. En 101 mots c’est un tour de force.
La parenthèse c’est inhabituel chez moi pourtant est le meilleur moment du texte — elle installe un personnage en une ligne, un homme bavard, sûr de lui, qui se retrouve muet de vanité. On le connaît immédiatement.