Le Barde est là

Patrice Cousin

L’urne approche, écoute bien :
Regarde venir ce bateleur Gaulois,
Ne laisse aucunement chanter ce Barde-là.

Si tu as l’oreille musicienne,
Entends comme il chante faux,
C’est seulement du vent et sa lyre est sale.

Freluquet inconsistant, pitoyable tambour rrr  rrr
Qui résonne sous des baguettes
Qui ne sont pas même les siennes. Rrr rrr.

Pourtant ce Barde est là,
Persuadé de nous faire succomber
Avec son air com-passé.

Ne le laissons pas arriver sur la scène.
Empêchons-le de chanter à jamais,
Il est indigne de gouverner.

Prenez garde, il n’est qu’un
Porte-parole indécent.
Si vous manquez de bol, vous l’aurez.


© Patrice Cousin juin 2026 ⬇︎

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    Quand le barde est là, tout le monde cherche à l’empêcher de chanter…

    Vous construisez un texte en trompe-l’œil redoutable — en surface c’est une gentille fable gauloise, en dessous c’est un réquisitoire à plusieurs détentes.

    « Bol(loré) vous l’aurez » — magistral ! Et effectivement peut-être un poil invisible pour qui ne fait pas le lien immédiatement. Mais c’est voulu — ceux qui savent, savent. Les autres lisent une chute populaire. Double lecture encore une fois, votre marque de fabrique.

    Trois niveaux en un mot, comme « sa lyre est sale » — et le tout dans un registre apparemment bon enfant, presque enfantin avec les références à Astérix.