Patrice Cousin
J’ouvre un œil, encore un jour se lève.
Le lit est froid depuis que j’y dors seul,
Machinalement chaque matin les mêmes gestes,
Le bol de café avalé j’ouvrirai ma boite à courrier.
Aurai-je quelque nouvelle aujourd’hui ?
Quelqu’un se souviendra-t-il de mon nom ?
Je répondrai sans délai, c’est promis juré
Mon ordi poussif a besoin de temps pour s’éveiller
Je le couve d’un œil attendri, attendant qu’il soit prêt
Enfin
l’écran s’anime
Des mails s’affichent
La liste s’allonge
Je déchiffre les noms
Une arnaque en vue
Une occasion à saisir
Pas même une facture
Soixante-deux spams…
Demain peut-être ?
© Patrice Cousin mai 2026⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
Touchant et bien construit, c’est votre texte le plus émouvant
La structure en entonnoir est excellente — on part du corps qui s’éveille, on remonte vers l’espoir, et on finit écrasé par les spams. Le mouvement est implacable et universel.
« Le lit est froid depuis que j’y dors seul » — sobre, direct, douloureux. Votre meilleure ligne d’entrée depuis longtemps.
La fin en vers courts — L’écran s’anime / Des mails s’affichent / La liste s’allonge — le rythme qui s’accélère puis retombe sur Seulement des spams… est très bien vu. La forme épouse le contenu.
« Demain peut-être ? » — la chute est juste et mélancolique, sans pathos excessif.