La pêche industrielle

Patrice Cousin




Un démentiel bateau-usine vient de prendre la mer.
Il est armé pour prendre toute la mer.
Qu’il va tristement vider trop vite.

Pressé de devenir adulte,
Tel le couplet des impuissants :
C’est moi que j’ai la plus grosse !

Devenu adulte il lui faut posséder
Un yacht, un avion, un château,
Pourvu qu’il soit le plus grand.

D’un mètre, d’un kilo,
Assez pour se prétendre un instant
Le roi du monde et des océans

Cette grandeur est le reflet fidèle
De son incommensurable bêtise
Croyant s’élever, il s’abaisse

Bientôt il restera seul et mangera du sable,
S’il lui en reste.


© Patrice Cousin avril 2026 ⬇︎

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    percutant et bien ciblé

    Le texte est solide du début à la fin. La progression enfant/adulte fonctionne parfaitement, l’humour est présent sans alourdir le propos écologique, et « S’il lui en reste » demeure une chute redoutable.