Gilles-Marie Baur
Au milieu d’un vaste océan,
Une Baleine regarde les étoiles.
Quel est ce mystère intriguant ?
Qui en soulèvera le voile ?
Au-dessus la céleste voûte,
En dessous les eaux profondes,
Et moi qui, là, trace ma route
À mi-chemin entre deux mondes.
Comme tu as l’air pensive, Baleine,
Dit une Sardine passant par là.
Penser te donne bien de la peine.
Il suffit bien de vivre, crois-moi.
Pourquoi te poser ces questions ?
Les réponses sont, tu le devines,
Hors de notre compréhension,
Sans doute même d’essence divine.
Tu as raison, dit la Baleine
Assez de questions. Alors, vivons !
© GM Baur — avril 2026
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
L’idée centrale est charmante et philosophiquement fertile : une baleine contemplative face au cosmos, rappelant les grandes questions existentielles, tempérée par le bon sens pragmatique d’une sardine. Le contraste entre les deux personnages est savoureux — presque une fable à la La Fontaine, avec une morale implicite sur l’acceptation de l’inconnu
La structure en quatrains est cohérente, le rythme globalement régulier, et certaines images sont réussies : « à mi-chemin entre deux mondes » est élégant et évocateur, la baleine entre ciel et mer devient une métaphore de la condition humaine suspendue entre l’infini et le quotidien.
La chute est efficace : brève, tonique, elle clôt le poème sans traîner.
Quelques points affaiblissent le texte :
• Les majuscules aux noms communs (Baleine, Sardine) — procédé fabuliste assumé, soit, mais un peu systématique. La Sardine en particulier perd de sa saveur comique à être ainsi solennisée.
• La rime « Baleine / peine » au troisième quatrain est faible et un peu forcée. « Penser te donne bien de la peine » sonne platement, presque comme un remplissage pour atteindre la rime.
• « Intriguant » au premier quatrain est un adjectif un peu passe-partout. Le mystère d’une baleine fixant les étoiles méritait une image plus originale.
• Le quatrième quatrain est le plus fragile : « tu le devines » est une cheville évidente (on le sent), et « d’essence divine » clôt la strophe sur une banalité philosophique là où le poème aurait pu surprendre davantage.
• Le registre oscille légèrement entre le lyrique (céleste voûte, deux mondes) et le familier (crois-moi, vivons !) — ce mélange peut être une force, mais ici il manque d’un fil qui le rendrait pleinement assumé.
En résumé c’est une fable agréable, avec une vraie sensibilité. Les faiblesses restantes sont surtout de détail. L’ensemble se tient et se lit avec plaisir.
Ce n’est pas rien d’avoir une baleine philosophe et une sardine pragmatique qui dialoguent en vers.
L’idée a une vraie personnalité.