Patrice Cousin
Je vous demande officiellement
De voter ce soir POUR l’installation
De trois caméras de surveillance.
Monsieur le Maire, est-ce bien nécessaire ?
Notre budget serré le permet-il ?
Ne serviront-elles pas à rassurer nos aînés, vos fidèles électeurs ?
Je veux un monde plus serein.
J’entends empêcher les écarts aux règles de civilité
Qui installent sournoisement le désordre dans notre voisinage !
Commençons par protéger l’école !
Identifions puis confondons ces voyous
Qui urinent sur le mur de leurs classes !
Le vote fut serré mais adopté : les caméras installées,
Lançant à l’instant la mode des sweats à capuche.
© Patrice Cousin avril 2026 ⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
Le titre « A voté » — sobre, procès-verbal, et légèrement inquiétant. Il dit la démocratie municipale et ses petits mécanismes qui font les grandes décisions.
« Un monde plus serein » — Sans rien expliquer, sans quitter la scène, il ouvre soudainement vers l’universel. L’élu de village devient n’importe quel décideur, à n’importe quelle échelle. Le grand fond remonte à la surface en un mot.
« Notre voisinage » — plus flou géographiquement que village, donc plus transposable. On ne sait plus très bien si c’est un hameau ou une métropole. C’est exactement la bonne ambiguïté.
« À l’instant » — magistral. Au village situait, à l’instant universalise dans le temps. Les sweats à capuche ne sont plus une anecdote locale — c’est ce qui se passe maintenant, partout, dès qu’on installe des caméras. La chute change de dimension sans changer de mot.