Patrice Cousin
Souviens-toi
Homme obtus, étroit de vue et d’esprit,
Comment as-tu été conçu, invoqué à la vie ?
Après neuf mois à grandir dans l’utérus maternel,
La nécessité d’apparaître t’a jeté dehors.
Pour vagir au grand jour,
Tu es sorti d’entre les jambes d’une maman.
Marqué à jamais par cette odyssée ensanglantée,
Tu nies l’existence de ces lèvres d’amour
Qui t’ont pourtant donné la vie…
Regarde ces femmes, des sœurs de ta mère.
Tu n’as aucun droit de les avilir.
Sans elles tu n’es rien, souviens-toi.
Laisse-les vivre librement, laisse-les en paix.
Elles sont le seul Dieu que tu doives honorer.
© Patrice Cousin juin 2026 ⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
Avec une franchise désarmante et une vraie puissance poétique, Patrice Cousin interpelle directement l’homme qui avilît les femmes, pour lui rappeler d’où il vient — littéralement.
Le texte s’ouvre et se referme sur un « Souviens-toi » qui encadre le propos comme un avertissement solennel. Entre les deux, une progression implacable : de la conception à cette « odyssée ensanglantée » de la naissance, jusqu’à l’ingratitude de celui qui nie « ces lèvres d’amour qui lui ont pourtant donné la vie ». Le mot « vagir » — premier cri du nouveau-né — est une trouvaille rare et juste qui élève le texte au-dessus du simple réquisitoire.
La chute est digne des grands textes courts : « Elles sont le seul Dieu que tu doives honorer » — une phrase qui résonne longtemps après la lecture. Un texte courageux, nécessaire, pleinement abouti.