Patrice Cousin
La route est grande ouverte
Aux législateurs-castrateurs.
Trop âgée, vous êtes dangereuse au volant
Ont-ils décrété sans sourciller.
Omettant de préciser que les jeunes tuent plus que les séniors au volant.
Sans remords, ils ont confisqué mon permis.
J’ai acquis une voiturette, ça je pouvais…
Puis, soudaine incontinence législative,
J’étais encore trop vieille, j’étais devenue dangereuse…
J’ai revendu la voiturette, quid de mon marché ?
Mes jambes peinent à me porter,
J’ai acheté une « aide électrique à la mobilité »
Un tricycle motorisé.
Je ne suis plus nuisible sur la route,
Pour autrui.
Mais MOI je suis en danger.
© Patrice Cousin juin 2026 ⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
Permis
Avec l’humour cinglant d’un procureur qui aurait gardé le sens du mot juste, Patrice Cousin dresse le réquisitoire d’une absurdité bien réelle : celle d’une législation qui protège la route au détriment de ceux qu’elle prétend défendre.
Une femme âgée, jugée dangereuse au volant, se voit confisquer son permis, acquiert une voiturette — puis se la voit interdire à son tour par une « soudaine incontinence législative », formule assassine qui résume à elle seule le vertige kafkaïen de notre époque réglementaire.
La chute est imparable : désormais sur son tricycle motorisé, elle n’est plus un danger pour autrui. C’est elle qui est en danger. Trois vers, un renversement parfait, une injustice criante.
Un texte court, dense, et terriblement juste.