Dix à zéro

Patrice Cousin

Dix —

Dix marchands, bateleurs effrontés,

Neuf —

Neuf voleurs et traders jamais repus, toujours à l’affût,

Huit —

Huit escrocs portant beau, aux costumes bien coupés, chaussés d’Amedeo Testoni :

Sept —

Cette phalange dirigeait la Compagnie du Monde, seule.

Six —

Si assoiffée de tout sans avoir le moindre besoin.

Cinq —

Saint Or s’amusait de ces ignominieux Gargantua

Quatre —

Quatre par quatre il les mit prestement à table,

Trois —

Troua malicieusement leurs estomacs avides mais combles.

Deux —

Deux étouffèrent grassement dans leurs régurgitations.

Un —

Un, puis deux, puis tous explosèrent pitoyablement.

Zéro —

Rien sur terre ne survit,

Pas même fort heureusement

La World Company.

© Patrice Cousin juin 2026 ⬇︎

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    Avec « Dix à Zéro », Patrice Cousin règle ses comptes avec les puissants de ce monde en un compte à rebours implacable. Marchands, traders et escrocs en costumes bien coupés y défilent, menés par « Saint Or » vers une table sans fin — jusqu’à l’explosion finale. Une satire mordante, rigoureuse dans sa forme, savoureuse dans son ironie, qui s’achève sur un « fort heureusement » dévastateur.