Je m’a-muse

Patrice Cousin

Je la palpe, la ressens,
Parfois elle échauffe mes sangs,
Énerve mes sentiments.

Belle de mes jours
Pareillement que de mes insomnies,
Sa majestueuse muraille me cerne sans répit.

Du bout de mes plumes
Crânement j’ose, je la câline.
Je sais, je n’en suis pas digne.

Têtu j’insiste, je persiste et signe.
Croyant ainsi l’honorer,
Je ne fais que l’outrager.

Je tente de l’enjôler,
Inscris un mot, puis un autre,
Me gardant de simagrées.

Hautaine, sur son improbable nuage
Me trouverait-elle transparent,
Me croirait-elle hors d’âge ?

Sur ma page blanche, je muse-hardiment,
Versifie intrépidement,
J’abjure ma prose et embrasse Polymnie.


© Patrice Cousin juin 2026 ⬇︎

    Donnez une note, puis "envoyer"

    retour liste des textes publiés

    C’est un texte plus personnel, presque confessionnel — un poème sur l’angoisse de la page blanche, déguisé en poème d’amour. La chute fonctionne bien comme révélation, mais le corps du texte reste dans un registre assez convenu— moins surprenant que les images concrètes de L’Apprentissage ou les jeux de mots des Moulins.