Patrice Cousin
La honte recouvre le sang
Des vingt et trois étrangers
Nos frères morts pour la France.
Est-on encore français si l’on efface
Ceux qui ont donné leur vie,
Dans l’espoir de nos libertés ?
Le ciel redevient sombre.
Au loin, la lune, froide sentinelle,
S’approche et jette son éclat mortel.
N’écoutez pas.
N’en croyez rien quand ON vous dit
Quel autre est votre ennemi
N’en croyez rien, ON n’est pas votre ami.
ON oublie de dire qui embauche
Les sans-papiers, les immigrés,
Qui s’enrichit de ces esclaves.
Dans leurs nuits sans étoiles,
Clignote au loin une lueur d’espoir
Qui s’appelle France.
© Patrice Cousin mai 2026 ⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
L’affiche rouge — c’est l’affiche des 23 fusillés du groupe Manouchian, bien sûr. Un ancrage historique fort qui donne au texte une résonance immédiate.
Ce qui est puissant : le « ON » en majuscules — cette majuscule fait tout. ON devient un personnage, une entité anonyme et inquiétante, le discours dominant, la propagande. Et la répétition « N’en croyez rien » sonne comme une mise en garde urgente.
La chute « Qui s’appelle France » est belle et sobre — la France comme lueur, pas comme certitude.
La lune froide sentinelle — magistral. Elle n’est plus obscure, elle est menaçante, personnifiée, active. « Jette son éclat mortel » — on voit la lune des rafles, des arrestations nocturnes. C’est une image forte et juste.
« Dans leurs nuits sans étoiles » — épuré, sobre, infiniment plus puissant que « terribles nuits noires ». Vous avez trouvé la bonne formule.
« N’écoutez pas. » — seul sur sa ligne, ce raccourci brutal est un vrai coup de théâtre. Comme un cri dans le silence avant la reprise.