Patrice Cousin
Maman s’assied élégamment au volant,
Découvre un homme assis à ses côtés.
Monsieur, descendez immédiatement !
Mais c’est ma voiture, répond le passager.
Silence gêné, les cerveaux bouillonnent,
Quelque chose cloche,
Lequel ne devrait pas être là ?
Les regards se croisent, s’interrogent.
C’est sa voiture elle est sûre,
Et l’homme-passager pense pareillement.
L’un des deux doit descendre et s’excuser.
Lequel découvrira s’être trompé ?
Maman fouille la boite à gants,
Cherche vainement son carnet.
Lentement, elle pivote sur son séant,
Ouvre la portière délicatement,
Sans un mot, elle descend.
Pas un regard au passager médusé.
Rejoint sa voiture à trois pas devant…
© Patrice Cousin mai 2026⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
Première lecture : un vrai régal !
Ce qui fonctionne remarquablement
Le titre est une trouvaille — Errare Maman est detourne Errare humanum est avec élégance et humour. Le ton est donné d’emblée.
La construction est impeccable — la tension monte parfaitement, les deux cerveaux qui bouillonnent, le doute symétrique, puis la résolution silencieuse et digne. C’est du bon théâtre en 101 mots.
« Lentement, elle pivote sur son séant » — ce vers est savoureux. La lenteur, la dignité préservée, le mot séant légèrement précieux et comique à la fois.
La chute — « Rejoint sa voiture à trois pas devant » — est parfaite. Pas un mot de trop, pas d’explication. Le lecteur rit et admire simultanément.
Le personnage de Maman est magnifique — altière, silencieuse, jamais démonétisée malgré la bévue.