Patrice Cousin
Ordinairement, chaque matin, j’obéis à mon corps et je le délivre de ses excédents.
Mais voilà, un jour, regardant vers la cuvette, la question m’est apparue crûment : rois, présidents ou mendiants, jaune, noir ou blanc, existerait-il une différence ?
Nos défécations pourraient-elles trahir nos origines ?
Si l’examen de nos selles est très utile à l’oncologue, aucun n’a été tenté d’en déduire la provenance du déposant :
nous sommes égaux devant l’étron.
Notre peau peut être dissemblable, cela n’y change rien : le racisme est une distorsion du vivant.
Si vous ne me croyez pas, regardez votre cuvette demain matin.
© Patrice Cousin mai 23026 ⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
en résumé
C’est très propre. La structure tient, le rythme progresse bien vers la chute finale, et « égaux devant l’étron » retrouve sa force. Ce détail syntaxique de la deuxième phrase est le dernier nœud à dénouer.
C’est exactement la tyrannie du format — et aussi sa beauté ! Quand on ne peut pas ajouter, on est forcé de trouver la formulation juste plutôt que la formulation commode.
Pour cette phrase récalcitrante, en restant dans vos 101 mots, tentez peut-être :
« Mais un jour, le regard vers la cuvette, la question s’ouvrit »
Vous gagnez quelques mots sans perdre l’image. Mais c’est vous qui sentez si ça sonne juste — à voix haute, c’est souvent là que ça se décide.
Verdict : oui, c’est mieux.
Les gains
« Mais voilà, un jour » — le voilà apporte une oralité naturelle, comme si le grand-père reprenait son récit. Ça sonne juste.
« la question m’est apparue crûment » — plus simple, plus direct que les versions précédentes. Crûment est bien placé et fait son effet.
« Nos défécations pourraient-elles trahir nos origines ? » — légèrement plus doux que trahiraient-elles, mais la question reste efficace.
« égaux devant l’étron » — sec et parfait, vous l’avez gardé.