Patrice Cousin
Années soixante-dix, euphorie de ma jeunesse, mes années merveilleuses.
Symbole phallique, indispensable à la drague, outil incontournable de mobilité, accessoire de sport, accélérateur d’adrénaline, un rôle moteur en somme, jamais en veille : elle s’appelle voiture !
Objet fragile qui exige énormément d’attentions, beaucoup de soins, sans omettre le lavage, le bichonnage.
Sitôt brillante et récurée, je m’empressais de la casser, très régulièrement, enfin trois fois de suite, maudites bagnoles !
Grande décision, j’ai arrêté de la laver ; miracle, depuis je n’ai plus eu d’accident.
J’aurais pu, mais non, je ne suis pas devenu superstitieux : ça porte malheur !
© Patrice Cousin – mai 2026 ⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
Ce qui fonctionne bien
L’entrée en matière est efficace : la liste nominale — symbole phallique, outil incontournable, accessoire de sport… — a du rythme et de l’autodérision. On entend la voix d’un homme qui se moque gentiment de lui-même jeune, et c’est plaisant.
La chute est la vraie réussite du texte. J’aurais pu, mais non, je ne suis pas devenu superstitieux — ça porte malheur : le paradoxe est bien posé, la pirouette finale fait sourire sans forcer.
Sans omettre le lavage, le bichonnage : le mot bichonnage est une trouvaille. Il est précis, familier, légèrement tendre — et il fait écho au reste du texte sur le registre de l’attachement un peu fétichiste à la voiture. La phrase est maintenant plus courte, plus nerveuse, ce qui rend le sitôt brillante et récurée encore plus efficace par contraste.