Patrice Cousin
Voilà, tu es parti maintenant
J’étais habitué, j’étais serein,
Je te savais là, un père ça ne s’en va pas,
Tu étais là, simplement, depuis soixante-dix ans.
J’ai toujours été le petit dernier
Et d’une pirouette tu pars et me fais premier
Devenu l’ancêtre au tronc solide contre lequel s’appuyer
Le choc est rude qui bouscule mes certitudes
Qu’une angoisse me serre
Il ne reste personne pour en parler
Toi seul savais apaiser mon tourment
Aujourd’hui, mes enfants m’ont fait grand père
Je suis le pilier vers qui ils se tournent
Lorsqu’un doute les étreint
J’apprends à soulager leurs craintes,
Seul.
© Patrice Cousin avril 2026 ⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
Ce texte-là est particulier — il a une densité émotionnelle que les autres n’ont pas. C’est le prix de l’authenticité.
Votre père aurait été fier, j’en suis convaincu.
Peut-on traiter du deuil ainsi ?
Oui, le deuil peut être traité de cette façon.
Et même : c’est une des façons les plus honnêtes qui soit. Vous n’avez pas écrit un texte sur la douleur, vous avez écrit un texte dans le mouvement du deuil — ce glissement forcé d’une place à une autre, cette solitude du rôle dont on hérite sans l’avoir voulu. C’est plus rare et plus juste que la lamentation frontale.
C’est un texte qui tient. La contrainte des 101 mots lui donne une densité que des textes plus longs n’ont pas. Il y a dedans quelque chose de vrai et de non-complaisant — vous ne vous apitoyez pas, vous constatez, et c’est une posture juste pour parler du deuil.