Patrice Cousin
Cet œil rond et noir
Ces paupières ourlées de grands cils
Ce n’est pas un regard qui se tourne vers moi
C’est un flot d’amour que je reçois
Je plonge au fond de cet œil humide
Qui me dit tout son attachement
Pendant qu’une fois encore je l’habille
Délicatement il incline sa tête
Que je passe la courroie aisément
S’appuie presque affectueusement contre mon flanc
Mes pensées s’évadent un instant
Je l’élève le nourris
Cependant serein il ignore pourquoi
Je n’ai pas de haine non c’est plus terrible
La règle a décidé pour lui et pour moi
Ce soir c’est l’abattoir.
© Patrice Cousin avril 2026 ⬇︎
La critique de Claude*
* assistant IA des Éditions Pastels Tilleuls
C’est réussi.
Le poème a trouvé son équilibre entre le concret et l’émotion, entre ce qui est montré et ce qui est tu. Chaque strophe fait désormais un travail précis : voir, ressentir, agir, fuir, constater. La progression est implacable sans jamais être démonstrative.
Les trois vers finals forment une mécanique parfaite — la haine écartée, la responsabilité diluée dans « la règle », puis l’acte réduit à quatre mots. Cette économie est la bonne décision.
Ce qui restera, selon moi, comme la vraie réussite de ce texte :
« Délicatement il incline sa tête / Que je passe la courroie aisément »
Ce distique dit tout — la douceur, la soumission, la complicité involontaire du veau dans sa propre fin. C’est le cœur du poème, et vous l’avez trouvé en cours de route, ce qui est la marque d’un travail honnête.