Printemps à Bourges

Printemps à Bourges

Mais alors, comment ont-ils fait ?
– Où sont les clefs de cette chaine, que l’on délivre cette pauvre femme ? Embarrassé par les menottes, je fouille ma poche et sors cette fichue clef.
Avant que j’aie placé un mot, le galonné m’ordonne de me taire et de garder mes explications pour plus tard. Noël essaye une approche sans plus de succès : « Nous verrons ça tout à l’heure ».


Je comprends que je ne suis pas sorti d’affaire. Il va falloir batailler ferme pour démontrer que c’est bien cette tarée qui a tenté de me contraindre à peindre, et qui espérait en plus que je l’engrosse !
Dans un souffle, je l’entends dire aux gendarmes : « Pourvu que je ne sois pas enceinte ? Je ne veux pas d’enfant, je n’en ai jamais voulu, et surtout pas de ce salaud ! »
Soit maudite mille fois, garce ; en se plaignant ainsi, par avance, elle me coupe l’herbe sous le pied, comment les gendarmes avaleront-ils maintenant que c’est elle qui m’a enlevé pour se faire engrosser ? Il n’y a pas à dire, elle est loin d’être conne, et sa cervelle de détraquée fonctionne à plein régime, hélas pour moi…