cendres inconnues

Le petit Poussin est poulet, pardon, gendarme, et ne comprend pas comment son ami a grillé

Au revoir Jules

Lorsque je suis venu au crématorium comme client, enfin presque, j’accompagnais mon bon copain : Jules. Pas bien vieux pourtant, mais ce lâcheur nous a plantés là, avec la tristesse au fond du cœur, avec les regrets de ne pas lui avoir dit tout ce que l’on aurait dû lui dire : combien il comptait pour nous et combien on l’aimait.

Pour ne pas renouveler cette erreur, je me suis empressé d’en faire part à Paulette, sa si jolie veuve, avec qui j’avais déjà eu une courte aventure, mais je vous rassure, c’était avant. Elle a dix ans de plus que moi, certes, mais elle est toujours aussi attirante.

La différence d’âge entre Jules et Paulette ne gênait personne, il avait dix-sept ans de plus qu’elle et ça ne posait aucun problème.

Malgré ses années qui nous séparaient, Paulette restait un parti séduisant. Et maintenant, depuis au moins un quart d’heure, nous sommes assis, en silence, autour du cercueil de Jules. Après un rapide coup d’œil, en entrant dans cette salle, j’ai choisi ce siège, avec ce magnifique velours grenat, vers le fond de la pièce, près de la fenêtre ; un vieux réflexe d’écolier de mes années laborieuses, sans doute ? Elles ne doivent pas être très confortables ces délicieuses chaises, mais a-t-on envie de passer sa journée au crématorium ?

Laisser un commentaire